Situé à 17 km à vol d’oiseau au nord-ouest du site historique de Ngok-Lituba, le clan (peuple) LOG-MAY, est localisé dans le nord-est du canton Babimbi-Ndom, dans l’arrondissement de Ndom, département de la Sanaga Maritime, Région du Littoral. A l’intérieur du territoire national, il occupe les coordonnées géographiques suivantes : Latitude 4°30-4°35 ;
Longitude 10°50-10°55. Par sa situation, le territoire Log-May épouse une forme géométrique a presque trapézoïdale.

I- PRESENTATION HISTORIQUE
• HISTORIQUE D’UN PEUPLE
Le matricide de May apparait comme le fait majeur relaté par les historiens de la vie de ce dernier. Ce tragique événement apparait comme le détonateur des mouvements de migrations définitives des fils BAYEG (MAY, NOUK, MANG, KWE, NONN, YEPE) vers les territoires paternels dont ils assuraient la garde. Voici comment se présente la généalogie de May : Kôba ni Kwan engendra Hôô, Hôô engendra Ndon, Ndon engendra Ki-Nkou, Ki-Nkou engendra Yambin, Yambin engendra Bayeg engendra MAY et des frères. Bayeg vint de Mangen vers Bafia où il existe jusqu'à nos jours un cours d’eau éponyme (qui porte son nom). Avec Kimu, la mère de Nouk et May ils furent installés pres de Dikan. May son fils ainé eut une famille nombreuse. Sa descendance était constituée de 11 fils et filles et un pupille : Nyenguée, Nkyndjok, Lipoa, Bitong kiok, Kileg, Kibabat, kitjapak, Sengi Bag Nway, Hiund, Ndjum, maku, kinit. C’est la lignée de ceux-ci qui constitue le peuple Log-may aujourd’hui.
• UN HABITAT DISPERSE
Il est bien connu que la période du maquis contraint l’autorité à imposer des camps de regroupements, ceci afin de maitriser les maquisards dissimulés a travers la population. L’exception de Log-May traduit sa belle renommée. De plus il occupait une position stratégique dans le ravitaillement. L’habitat rural de Log-May présente donc onze hameaux : Bodkang, Nko’o, Nkay-Ndjok, Log-Ngwéé, Dinjaka plus connu sous le nom de Djonligwan, Nko’o Males, Botbikat, MbayPuth, Nga’a, Gwaa, où l’installation obéit a une multitude de facteurs patrimoniaux, agraires et culturels
• UNE CULTURE PLURIELLE
L’art musical communicationnel et rituel fait partie du patrimoine culturel des Log-May. Au nombre du patrimoine musical, on comptait : MAHONGO, BIKEKEN, SOO, LITIN, NGOLA KO’O. Aujourd’hui presque seul le MAHONGO valorisé par les artistes tels que MAHOP LUC, BATJILIS BA BALEP, NGEEHA BANOK et BALEP BA HINO semble les intéresser la nouvelle génération. Le ko’o et le Ngola sont des rythmes beaucoup plus exécutés par la congrégation des femmes.
Les instruments de télécommunications jadis utilisés se nommaient LISSEMEL et NGOM NGUE
Quant aux rites expiatoires et protecteurs tels que KOO et NDINDI, leur existence se fait de moins en moins sentir.
II- PRESENTATION ADMINISTRATIVE
• UNE CHEFFERIE BICEPHALE
Comme dans tout le pays Bassa, la chefferie a Log-May est l’œuvre du colonisateur. A l’origine, ce sont les Mbombog qui assuraient la gestion des affaires du peuple. Ainsi, ce fut successivement Tjamak Libando, Bayong Ba Ndom, Inak li Het, Kotta Imala, Nkou Nkot, Wé-Ibongo, Bassanba Songo’o et Kuki Nguk parmi tant d’autres.
L’entrée du colonisateur du colonisateur se fit par Botbikat où Wé-Ibongo régnait en maitre. Celui-ci déclina la chefferie au profit de Kuki Nguk qui devint le premier chef de Log-May. La chefferie Logmay de Nko’o arriva sous l’approbation de l’unique chef de l’époque. Au depart pourtant, c’est une mésentente qui provoqua la révolte des populations de Nko’o qui formulèrent une requête à l’administration.
Administrativement les hameaux de Nga’a, Gwaa, Nkayndjok et Nkoo’o dépendent de la chefferie de troisième degré de Nko’o. Ceux de Dindjaka, Nkomales, Djonligwan, Mandoum, Botbikat, Mbayput, Log-Ngwéé, Bodkang sont sous la tutelle de la chefferie de troisième degré de Bodkang. Les auxiliaires de l’administration que sont les chefs, sont assistés par les notables (Man Lihaa). Depuis lors a nos jours, onze chefs dont six à Bodkang et cinq a Nko’o ont regenté la vie de Log-May.
BODKANG NKO’O
leurs Majestés leurs Majestés
- Kuki Nguk Bibout Bi Bayoungouk
- Nlend Mi KUki Jean Bihanak Bi Nsaa
- Nkoyok Nlend Emile Bassanaga Bi Bibout F.
- Batalong Kuki André Sintat Yu Simon
- Kouki Simeon Moutisi Bhita Borelly
- Nemba Sango Aron
• RELIGION ET EDUCATION
La mission Catholique basée à Log-Bikoy construit une école en 1944 a BOT-BIKAT mais son existence fut de courte durée. C’était un des rares établissements de l’époque. Par ce statut il accueillait donc les élèves des villages voisins. En 1962 suite à des controverses, elle fut fermée définitivement. Il ne resta que l’école de NKO’O en 1965.
La mission protestante de son coté ouvrit les portes en 1946 a BOKANG
Le transfert de ces écoles aux pouvoirs publics se fit respectivement en 1978 et 1974. déjà dès 1950, le peuple LOG-MAY enregistrait son premier diplôme. Ces écoles ont formé la quasi-totalité des intellectuels Log-May de nos jours.
Aujourd’hui le Peuple Log-May abrite les locaux de deux écoles primaires publiques de BODKANG et NKO’O. outres les église catholiques et Presbytériennes qui animent depuis longtemps la vie religieuse, on note une percée importante et progressive des églises dites de réveil.
Il faut noter qu’avant ‘arrivée des églises les Log-May était attachés aux cultes des ancêtres animés par les initiés de la tradition tels que les Mbombok et autres.
• VIE SOCIALE ET ASSOCIATIVE
L’esprit de vie communautaire et de solidarité ne date pas d’aujourd’hui chez les Log-May. Déjà dans un lointain passé, leurs ancêtres comme une seule âme exorcisèrent par anticipation tout esprit de division en plantant l’arbre de la paix et de l’amour dans la cour de la chefferie de Bodkang (Tén Djôm), jadis principal lieu de rencontre des Log-May.
La vie associative contemporaine débuta vers les années 1940 avec la création d’une association des Log-May de Douala. Celle de Yaoundé naquit vers 1961. Au sein même du territoire Log-May, la Jeunesse du même nom naissait dans les débuts des années 1950. Beaucoup de concertations se tinrent entre les associations d es villes et villages (Edéa, Douala, Yaoundé). Celles-ci débouchèrent souvent sur des actions concrètes de développement. Un mini-congrès se tint dans le weekend pascal de 1977 pour baliser le chemin au premier véritable congrès qui eut lieu le 15 avril 1979 à Bodkang.
Aujourd’hui de nombreuses associations des hommes, des femmes, des filles et jeunes existent a travers le territoire national. On peut citer : le comité de développement ASOFAMAY, Log-May Edéa, Log-May Douala, la SOLOMAK de Kribi pour les hommes, ADNA BODA BA LOG-MAY. Chez les jeunes la JEUMAY de Douala, village et Yaoundé. Et certainement d’autres associations dans les villes où la communauté Log-May est assez importante.
• LES ACTIVITES ECONOMIQUES
La dénomination de la mamelle nourricière de l’arrondissement de Ndom est souvent attribuée au peuple Log-May. Pour cause ses populations s’investissent dans plusieurs secteurs de l’économie : élevage, agriculture, chasse, cueillette, artisanat, pisciculture. Ses productions agricoles font une part belles aux cultures vivrières dont le manioc et ses dérivés (Mintoumba, Baton, Tapioca, Couscous) abondent le marché. Quant aux cultures de rente : cacao, café et palme…, leur expansion fait de Log-May un grand producteur. Le marché de Mandoum qui a rouvert il y a deux ans semble bien soutenir cette production.
III- PRESENTATION GEOGRAPHIQUE
• PANORAMA SUR L’ESPACE PHYSIQUE
Forêt et savane jonchent ce territoire très accidenté aux terres fertiles. On y distingue alternativement des basses terres et des hauts sommets (Moume, Tuke, Mbaa, Likol, Bo’o, Likul, Libay) culminant autour de 850 mètres.
Les cours d’eau sont assez régulièrement repartis à l’intérieur du territoire. On y distingue ceux de grande importance (Ikupla’a, Bakô’ô, Yôpngôn, Linan) et une multitude d’affluents utilisés comme point d’eau par les populations.
Une terre, un peuple, pourrait-on dire du domaine forestier de puth Nkong Nkeni, qualifié a juste titre de patrimoine foncier commun à tous les fils May.
• DEMOGRAPHIE
S’il parait impossible à nos jours de donner la population exacte des Log-May (Village), divers recensement donnent un aperçu fiable de la valeur numérique de ses résidents.
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Structure ayant organisé le recensement |
Effectif total |
Hommes |
Femmes |
Enfants de 0 à 15 ans |
|
Recensement local fait par la jeunesse Log-May en 1952
|
386 |
386 |
Exclues |
Exclus |
|
1er recensement général de la population et de l’habitat en 1976
|
722 |
350 |
372 |
(315) |
|
2e recensement général de la population et de l’habitat en 1987 |
524 |
237 |
287 |
(201) |
|
Recensement local fait par la jeunesse Log-May en 2005 |
563 |
240 |
323 |
(262) |
Sources : Congres de renaissance du village Log-May (Nkô’ô du 11 au 13 février 2005
Par Yvette Bassega









Commentaires
Pourras tu retrouver quelques repères historiques ( dates ou époques coloniales)
mais c est déjà pas mal comme infos.
Vas de l'avant
Impressionnant comme recherches.Travail vraiment instructif.Nous en remercions les Auteurs.
I kété li nyang
Francis
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