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Hitong Lingom (fin)

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Qu’imaginez-vous qu’il soit arrivé à Ndjok Lingom après cet affront à son frère? Mais avant de continuer voici les noms de guerre de celui à qui Ndjok Lingom parlait de cette façon:

Vrai-guerrier-ne-se-bat-jamais-sur-un-seul-Front.-Peut-être-c’est-pourquoi-il-perd-souvent-toutes-les-battailles-et-peut-être-la-guerre;

Le-tir-de-jwi-jwi-de-sanglier-sur-Hikoa-hi-Hitong;

La-pluie-tombe-sur-Hitong-Lingom-Ngut;

Les araignées-essaiment-partout-sur-Hitong;

L’eau-moussante-au-bas-d’une-chute;

Une-araignée-entra-dans-la-trompe-de-l’éléphant-et-le-mordit-L’élephant-tourbillona-sans-connaissance;

L’etranger-puissant-prit-la-maison-d’un-Homme-en-otage;-ce-dernier-saisit-une-machette,-courrut-dans-la-forêt-et mangea-des-racines-de-manioc-crues;

Gorille-de-Hikoa-Hitong-qui-ne-connait-pas-la-peur;

Malédiction-que-personne-ne-touche-à-mains-nues;

dix-lances-en-mouvement, fils de Lingom;

Cascade-tumultueuse; fils de Lingom Ngut;

Corde-aux-épines-que-personne-n’ose-utiliser-à-mains-nues;

Eléphant-gris-couché-dans-la-boue- fils de Lingom;

Bruyant-Concert-des-endeuillés-lorsque-la-dépouille-est-dans-la-maison;

Le-coq-que-les-poules-suivent- lorsqu’il-apparaît, fils de Lingom;

Tambour-tendu-que-l’on-trouve-uniquement-à-Hikoa-hi-Hitong;

Fer-rouge-que-personne-ne-touche-à-mains-nue, fils de Lingom Ngut…

Hitong trouva du répondant ce jour-là. Son propre frère aîné lui disait les choses telles qu’elles étaient et comme il les voyait :

«Ta  cupidité est plus grande que la vie, O Hitong. Ton égoïsme est profond. Tu es un malheur pour notre famille, pour notre nom. Je m’en fous que tu sois riche ou pas. Comment as-tu accumulé ta richesse? Dis-le nous? Tu as détourné à ton profit ce qui était à d’autres. Les chasseurs tuent les éléphants et le partagent avec tout le monde. Quand tu en tues, tu le gardes pour toi tout seul. Tu veux te marier? Bien, épouses les morceaux de viandes qui sèchent dans ton grenier.»

Hitong bondit. Quelques secondes plus tard, tous les deux s’enroulèrent par terre. Ndjok pensa que sa dernière heure arriva. Il était prêt à mourir. Mais son frère le laissa partir et à la grande surprise de tous, il dit humblement: «Bantam, permets-moi de réparer».

Hitong avait-il finalement entendu la voie de la raison?

Ndjok, incrédule, regarda le premier son frère puis ses yeux croisa ceux de son père Lingom qui hocha la tête : «Fils, notre nom sentait du parfum dans la région; mais à cause de tes agissements, il sent les excréments. Les Log Heega ne me permettent même plus de mettre pied dans leur village. Ils m’accusent de ne t’avoir pas bien élevé» expliqua-t-il.

«Je veux me racheter. Je restaurerai votre bonne réputation » Hitong promit.

«Avec quoi répareras-tu?» Demanda Ndjok.

«J’étais cupide et égoïste» admit Hitong. «Ce n’est pas comme ça que nos pères nous ont appris» Il alla dans son grenier et en sortit 26 fusils, 26 sacs de munitions, 26 lances, 26 arbalètes et 26 jets de moineaux et les tendit à son père qui les passa aussitôt à Miong, les plus âgé parmi eux.

«Bantam, à chaque fois que tu sors un article» Ndjok lui conseilla, «Dis ces mots: maudit soit ma cupidité! Maudit soit mon égoïsme! Nous sommes venus pour les morts, pour qu’ils vivent. A partir de maintenant, je partagerai avec le clan. Je prierai pour les vies de mon peuple!»

Hitong répéta les mêmes mots. Il sortit du grenier 26 bouteilles de liqueur (le Ha’a), 26 calebasses de son meilleur vin de palm, même sa jarre préférée qu’il appelait ngo Nsut fut offerte. «Jamais, je ne garderai plus rien à moi seul à partir de maintenant, je partagerai avec les gens. A partir de maintenant je prierai pour mon peuple.»

«Qu’y a-t-il à prier pour le peuple?» Lui demanda Ndjok.

«Il s’agit de donner à manger aux gens»

«Appelle les gens» Intima Miong à Ndjok.

Ndjok alla sur le tam-tam et appela les gens, togom togom togom… pendant que son frère sortait 26 pièces de viande d’éléphant, 26 pièces de viande de Léopard, 26 pièces de viande de boa…

Sa mère fut la première à y arriver. Elle se réjouit de voir son lion de fils sortant les morceaux de viandes. Sa seule fille, Ngo Lingom et elles commencèrent à faire la cuisiner le rite de réconciliation. Au crépuscule 900 personnes étaient présentes à la bénédiction de Hitong. Ils avaient bu, mangé et dansé toute la nuit. Les anciens bénirent Hitong. «Oui fils, tu as payé ta dette» lui ont-ils dit. «Que tu sois bénis! Tu es l’honneur de notre peuple. Faire une faute est naturelle, mais un bon fils sait que la réconciliation n’est pas pour les singes. Tu t’es réconcilié avec ton peuple. Vas et maries-toi!»

Le prochain jour Hitong s’habilla de sa peau de léopard, prit son fusil préféré et sa machette et quitta sa maison. Kuka kuka kuka… Il traversa Bingula, puis la rivière Ngo Mpem, et se dirigea chez les Log Baeg. Peu de temps après, il arriva dans la concession de Dimbaya Maen.

Ce-dernier balayait sa cour avec ses garçons et n’ont pas vu Hitong qui arrivait derrière eux. Hitong regarda la maison et l’apprécia. C’était une grande et spacieuse maison. Elle avait 27 portes. Il ouvra l’une d’elle et entra. La maison avait 27 chambres. De l’intérieur Hitong la scruta avec un sourire. «J’ai toujours apprécié Tada Dimbaya Maen » murmura-t-il tout seul. «C’est un grand monsieur et il voit grand».

Chaque chambre avait un lit. Il s’engouffra dans une des chambres, posa son fusil contre le mur, coucha sa machette par terre et commença une sieste.

Au coucher du soleil, Dimbaya appela ses garçons. «On va à la maison ».

Lorsqu’ils arrivèrent, ils furent surpris de trouver les portes ouvertes. «N’avions- nous pas fermé en partant aujourd’hui? » il leur demanda.

«Si père, nous avions fermé» Répondit son fils.

«Qui donc a ouvert cette porte?» Dimbaya demanda encore.

Une voix de l’intérieure répondit: «Ce qui est sûre quelqu’un l’a ouverte ».

Les 27 fils de Dimbaya s’apprêtèrent à une bagarre avec l’intrus. Au même moment, Dimbaya souffla sur sa corne tram tram tram…pour que ses servants viennent aussi pour une éventuelle bagarre.

«Il est là» indiqua un des fils.

Dimbaya arriva et vit Hitong qui se reposait sur le lit. «Est-ce ce léopard qui a cassé ma porte?» dit-il en souriant

Hitong ouvra les yeux. «Pourquoi tout ce bruit?» demanda-t-il.

«Tu m’as fait peur, O Hitong» Dit Dimbaya en essayant de retenir son souffle.

«On se calme! Je suis venu dans la paix» Hitong lui rassura.

Se tournant vers ses enfants, Dimbaya présenta Hitong. «Si quelqu’un d’entre vous voulait rencontrer Hitong Lingom en personne, celui qui m’attacha hier, voici Paki-Nkongo-I-Mbom.»

Les fils de Dimbaya n’arrivaient pas à croire que quelqu’un aurait une telle audace: faire sauter le verrou de la porte, y pénétrer seulement pour faire la sieste. Hitong les regarda un moment puis s’adressant à eux. «Au lieu de rester là à m’observer, apportez- moi du vin que vous gardez pour les étrangers.» Ce tournant vers Dimbaya: «Ta maison est ma maison, O Tada Dimbaya. Qu’est-ce qu’il y a si j’ouvre la maison de mon père et j’y entre pour faire une sieste?»

«Rien, Manwem, rien» Répondit Dimbaya. «Mais tu sais, parfois des félins s’aventurent ici et là nous avons l’habitude de tirer d’abord et c’est après qu’on pose les questions. A part ça ma maison est ta maison A Man. Sens-toi à l’aise. Tu peux continuer à dormir, quand tu seras réveillé le repas sera prêt » Dimbaya demanda à l’un de ses servants d’apporter du vin de palme. «Ceci est une partie du vin que j’ai ramené hier de ta bénédiction. Comment pourrais-je savoir que tu viendrais? Je l’ai gardé pour moi. Gouttes-le, est-il encore bon?»

«Où est la noix de cola?» Demanda Hitong.

Dimbaya lui donna une noix de cola: «Mâches doucement fils.»

Hitong se servit un Mbondo et but. «Un tout petit peu aigre» Remarqua-t-il «Donne-moi du vin plus frais.»

«Demain matin mon fils, je t’apporterai du nouveau vin de palme.» Promit Dimbaya. «Pendant ce temps reposes-toi et dégustes celui-ci tout doucement. Quand tu es «bon», rentres te coucher »

«Merci, O Tada wem»  répondit Hitong, en se servant un autre Mbondo. Il but avec son hôte. «Tu ne m’as pas demandé ce qui m’amène …»

«Je ne pose pas ce genre de question à mes fils. S’ils ont quelque chose à annoncer, je sais qu’ils le feraient volontairement au moment qu’ils choisiront...»

«Tu sais ce qui m’amène » Rappliqua Hitong. «Qui mieux que toi pourrait m’aider à trouver une femme à épouser ?»

«Il n’y a pas de fille ici... »

«Ce n’est pas à toi de le dire!»

«Tu ne te marieras pas ici»

«C’est ce qu’on va voir»

«Qu’est-ce que tu as apporté?» Demanda Dimbaya. «Je t’ai vu avec aucun bagage … Même pas une chèvre tu n’as attachée dans la cour. Comment paierais-tu la dote?»

«Restes assis, O Dimbaya. Tu parles à Hitong Lingom Ngut»

Lors du repas, ce fut des légumes. Hitong suça ses dents (Tsamla) et poussa son assiette.

«Quoi? Tu n’aimes pas ça?» lui demanda Dimbaya.

«Suis-je une chèvre pour que tu me serves de l’herbe ?» Répondit  Hitong.

Le matin suivant, il prit son fusil et alla dans la forêt il ne marcha pas longtemps. Aperçut des sangliers sur Bingula. Il arma son fusil et tira, un sanglier tomba. Il retourna chez Dimbaya.

«Il y a du gibier vers Bingula» Lui dit-il. «Peut-être aurai-je quelque chose à manger cette nuit»

Dimbaya l’ignora.

Dimbaya et ses fils vidèrent le sanglier et le partagèrent avec plusieurs autres familles. Une fille nommée Kibum venait en courant. Elle voulait elle aussi de la viande. Hitong l’appela. La fille se rapprocha. «Où te précipites-tu comme ça?» Hitong lui demanda. «Je sais qu’il y a de la viande dans le village et ça apporte beaucoup de joie. Mais où cours-tu comme ça?»

«Ici dans ce village, ils ne nous donnent jamais de la viande. Je m’en vais vers là où on vient de vider le gibier pour voir si je peux même récupérer quelques intestins pour moi et ma mère » Répondit Kibum

«Quand tu dis «Ils», de qui parles-tu?»

«Les hommes du village.»

«Qui est responsable de vous?»

«Dimbaya est mon père, mais parce que ma mère ne lui a pas donné de fils il ne s’occupe plus de nous»

«Que mangez-vous donc?»

«Des légumes. Nous mangeons que des légumes toute l’année comme des chèvres»

«Ne dis plus rien» Hitong la stoppa. «Demain matin, je tuerai un autre sanglier, juste pour toi. Tout sera à toi. Je me rassurerai que ça arrive chez toi. Je garderai juste la tête et au crépuscule,  je viendrais dans la hutte de ta mère pour la lui donner »

Les yeux de Kibum s’illuminèrent. «Que demain arrive vite. Demain sera un bon jour» murmura-t-elle. «Maman aura de la viande. Je resterai à la maison, je n’irai ni au champ, ni au marigot. J’attendrai seulement le coup de fusil»

Hitong apprécia cette réponse. «O jour, lèves-toi. J’ai l’impression que demain j’aurai ma femme.» Se dit-il tout seul.

Le matin il mit sa peau de léopard, prit son fusil, et se dirigea vers la forêt. Dimbaya l’aperçut et l’appela. «Où vas-tu vêtu comme cela? Nous a-t-on déclaré la guerre sans que personne ne m’informe?» Demanda-t-il.

«Je m’en vais en forêt» répondit Hitong. «J’ai besoin de quelques exercices»

«Qui va dans la forêt avec le léopard chasseur sur son dos? O Hitong, tu as quelque chose dans la tête»

Hitong lui montra tout ce qu’il transportait. «O Dimbaya, avec la Jarre, je mettrai de l’eau à boire. La peau de léopard me servira de natte pour m’allonger par terre quand je serai fatigué. Le fusil? J’abattrai un gibier. La machette c’est pour couper les herbes sur mon chemin»

Dimbaya le regarda avec une suspicion paternelle. «O Hitong, tu crois que je suis né de la dernière saison de pluie?» Il sourit et le laissa partir.

Dès qu’il entra dans le sentier, Hitong chargea son fusil, visa et tira sur le premier arbre devant lui. Tooom… Kibum entendit le tir se précipita dehors et se dirigea vers la forêt. Lorsqu’elle rencontra Hitong, Hitong la kidnappa. «Reste tranquille, sinon tu découvriras le fouet de ma machette» La menaça-t-il Kuka kuka kuka… Hitong traversa la rivière Bingula. Il alla chez lui avec Kibum. Il siffla et ses gens se rassemblèrent chez lui. «Voici ma femme» Leur dit-il en présentant Kibum. Quelques instants plus tard on entendait le tam tam. Les femmes poussèrent de youyous de joie, souhaitant la bienvenue à la fille et célébrant le mariage de Hitong.

Dimbaya entendit aussi le son du tam tam qui venait de Hikoa hi Hitong. Il appela ses fils. «Y a-t-il une fille qui manque ici? J’entends les cris de joie venant de Hiko hi Hitong et le tam tam bat au rythme du mariage. Quand s’est-il marié? Qui a-t-il épousé ?»

«Kibum a disparu» son fils l’informa.

«J’ai appris que Kibum a disparu. L’a-t-il enlevée ou alors a-t-il payé la dote à quelqu’un d’autre?»

«Allons lui poser toutes ces questions» Un autre de ses fils suggéra.

Ils se mirent en route.

Kibum aperçut sa famille la première. Elle courut vers eux. «O père, O frères, Hitong m’a Kidnappée» cria-t-elle. «Je ne voulais pas venir ici mais il m’a menacée avec sa machette. O père s’il te plaît amène moi à la maison».

Hitong s’approcha. Dimbaya prit sa fille dans ses bras. «Ne pleures pas... tu sais, tu es ma fille préférée … ne pleures pas… On rentre à la maison!»

«Ne la touchez pas» Rappliqua Hitong. «Ne gâtez pas mes noces, O Dimbaya. Ne gâtes pas mes noces... tant de personnes nous regardent»

«Tu ne t’es pas marié comme le veut la tradition» Dimbaya l’accusa.

«Donc vous êtes venus me faire la guerre? Ne me dites pas que vous êtes venus me faire la guerre. Il y a plein de nourriture et de vin de palme. Prenez place et faites la fête avec nous. Nous causerons demain».

«Mon fils a raison» Dimbaya calma ses fils «Il n’y a pas d’urgence. Asseyons- nous et apprécions l’hospitalité de Hitong. Nous l’écouterons demain. Votre sœur a trouvé un mari. Réjouissons-nous pour elle».

Dimbaya s’assit sur une peau de léopard. Ses fils firent comme lui. En tant que père de la mariée il avait droit à un service spécial. S’adressant à Kibum Hitong dit «Rassures-toi que mon beau-père se fasse servir dans ma calebasse personnelle Ngo Nsut»  Dimbaya sourit. «Bien, il n’y aura aucune guerre ici cette nuit» dit-il. Ses fils hochèrent la tête.

Hitong s’extirpa dehors jusqu’au tam tam. Togom togom togom… Son frère Ndjok reconnut leur code secret. «Dimbaya est ici à Hikoa hi Hitong il s’est bien installé jusqu’au matin. Viens dès que tu peux. Le grand jour est arrivé»

Ndjok se dirigea aussi vers le tam tam. Togom togom togom… Il accusa réception du message. Avant le chant du coq il sauta de son lit et se dirigea vers Hikoa Hi Hitong. A son arrivée Dimbaya dormait toujours. Ses fils l’attendaient. Au réveil de ce-dernier, Ndjok engagea les débats:

«Comment êtes-vous arrivés ici? » Demanda-t-il au père de la mariée. «Quelles sont vos exigences maintenant? Dites-le moi vite pour que vous rentriez satisfaits et moi je reste avec la fille».

«Je n’aurais pas souhaité un meilleur époux à ma fille Kibum que Hitong » Nota Dimbaya.

«Quelles sont tes exigences?» Demanda Ndjok une fois de plus.

«Juste payer la dote»  Répondit Dimbaya.

«Je suis prêt: Mais il faudrait qu’on soit claire sur certains points. Les enfants qui viendront du ventre de Kibum seront les Log Nwanak. Mon petit frère Hitong sera le seul qui décidera comment il les appellera. Nos ancêtres l’ont décidés ainsi».

«Apporte ce que tu as fils, nous verrons si cela nous convient » Demanda  Dimbaya.

Hitong entra dans le grenier apporta une série de bien pour sa belle-mère. Dimbaya le remercia au nom de sa femme. Puis sortit d’autres bien qui revenaient au père de la mariée. «Personne n’épouse sa fille» Expliqua Dimbaya «Qu’importe ce que je fais ou je dis une fille est appelée à partir un jour. A fonder sa propre famille. Laisse-moi encore regarder ce que tu m’as donné aujourd’hui, O fils de Lingom. Si tu as de la richesse, j’emporte ceci avec moi; mais si ce que tu as c’est de la misère, de l’air chaud, des paroles chaudes, je rentrerai chez moi avec ma fille. Ce n’est pas mon intention de la laisser mourir affamée dans la maison d’un pauvre. Si elle n’avait pas trouvé de mari, j’aurais été plus qu’heureux de donner des noms à ses enfants»

Hitong avança en repoussant son frère de côté: «Ma richesse n’a pas de goût pour moi … Ces biens ne proviennent pas de la dote de ma sœur» Implora Hitong. «J’ai acquis cette richesse tout seul. Ceci est une dote d’infortune. Personne ne connait ma peine. Et personne ne se fiche de la connaître. J’aurais bien aimé ne pas avoir collecté cette dote moi-même»

Hitong se mit à pleurer à chaudes larmes.

«Un homme ne pleure pas, O Hitong. Tu es le la branche forte sur laquelle ton père compte» dit  Dimbaya en essayant de le calmer. «Tu es la fierté de notre peuple. Tu as valablement assumé ton infortune en te retirant et en créant de la richesse toi-même pour ta dote. En le faisant tu as atteint une dimension que personne ne peut facilement égaler. Ton nom restera gravé dans l’histoire, O Hitong.»

Hitong descendit une fois de plus dans le grenier et apporta de nombreuses richesses supplémentaires pour son beau-père. Dimbaya se leva et dit: «O mon peuple, mon beau-fils m’a gâté. Je déclare que ceci n’est ni une dote de désespoir, ni d’infortune, ni de malchance ou tout ce que Hitong a pensé. Ceci est une dote d’un puissant type, dont les mains ont été rendues puissantes par la force du tout puissant, Hilolombi Malkal. Tu as de la peine pas parce que tu as dû travailler dur pour collecter ta dote, mais parce que tu n’étais pas assez chanceux pour l’avoir d’un beau-frère. Tu penses que les divinités sont contre toi parce qu’elles ne t’ont pas donné une sœur. Arrête cette manière de penser. Les dieux t’ont envoyé comme un exemple pour tous pour montrer à notre jeune génération comment quelqu’un peut transformer une infortune en fortune, par la force de sa volonté. Aurais-tu eu une sœur, jamais tu ne serais devenu le bâtisseur que tu es aujourd’hui. Tu n’aurais jamais su que tu pourrais bâtir. Au lieu de cette fixation sur une sœur que tu n’as jamais eue, élargis ton attention à toutes les femmes du mondes. Fais d’elles tes sœurs. Ceci n’est pas une dote d’un pauvre. Ceci est la dote de l’homme que les dieux et les ancêtres ont favorisé énormément. O Hitong, Je suis fier de t’avoir comme mon fils.» Il embrassa Hitong. «Sois libre maintenant, fils, libre de ressentiment. Sois heureux. Profites de ta femme. Profites de ta richesse. Profites de ta vie. Puissent les esprits de nos ancêtre continuer à te faire des faveurs » Il regarda autour. «Où est ma fille Kibum?» Demanda-t-il

On lui amena Kibum. « La voici... » Un de ses fils dit.

«O Kibum, ma fille bien-aimée, viens ici… tu ne t’exilerais pas si ça ne dépendait que de moi je te ramènerais à la maison. Tu auras eu tes enfants à la maison et j’aurai donné un nom à chacun d’eux moi-même. Tu es en train de te marier. Qui peut empêcher à sa fille d’aller en mariage parce qu’elle est sa fille préférée? Voici ton mari. Son nom est Hitong Lingom Ngut, le gorille mâle de Hikoa Hitong... Profites de lui. Fondez votre propre famille. Hitong n’est pas seulement un bon mari, il est un exemple pour la société, une fierté de sa famille. Il prendra bien soin de toi. Apprends à l’aimer. Prends bien soin de lui. Prends soin de votre maison. Donnes-lui des enfants.»

«Bénis-là. Bénis son ventre… » Insista Ndjok.

Dimbaya mâcha une noix de cola. Shaam… il cracha la salive rouge sur le ventre de sa fille. «Sois féconde… Beaucoup de garçons surtout… » Dimbaya bénit sa fille. Se retourna vers ses garçons: «On y va »

Ses fils portèrent les biens de la dote et ils s’en allèrent.

C’est ainsi que Hitong, fils de Lingom, fils de Ngut, épousa sa première femme Kibum Ke’ise, Fille de Dimbaya, fils de Maen.

Fin...

Tiré dans: The Deities called Bassa-Ngé. A story in two Parts, a version by Nouk Bassomb. Traduction libre en Francais de Nka’a Ndong.

Commentaires  

 
#2 06-04-2011 13:40
@ Manké Yamb Sogla

Me nèèbe mayéga. Me hoñol lè bolo i hiki man nsa'a i yé lè di boulous miñañ mi mbog bassa'a.

Massé ma yé i mèm ibalè me tèhè le ngobol i bolo i Nouk Bassomb i la hola ngandag i bonn ba bassa'a le me yi mbog yés.
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#1 06-04-2011 00:04
Hala a yé longe nklwel, unu nkwel u ne ki bo wéé, lisugul li nkwel liyé lilaam gandag. Biniigana bi nkwel bi yé honba ni mban. Mut binam a lama nigil i sal, honba. Mut binam a nlama yi dihôha cé ni i bat nwéhel i ndé i nsomla. Mut a malbé yi.

A mankéé Bissaii u nsal bôlô i laam i nyuu kobol nkwel u mankéé wés Nouck Bassomb.

Mayé ga malaam a mankéé NKA'A
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