Mme Andela, icône et personnalité ressource qui a longtemps occupé des postes de responsablités au ministère de l'education nationale du Cameroun a bien voulu répondre aux questions de LLB.
Comment était le voyage ? les bassanautes aimerait savoir où vous étiez et pour quelle cause ?
J’étais à Bruxelles sur invitation de la confédération des ONG de développement européenne en abrégé CONCORD pour participer à une journée d’échange sur l’efficacité de l’aide au développement.
Tout d’abord, qui est Mme Andela ?
Je suis née NGO NDJENG Christine, seconde enfant de NDJENG Jean et de NGO KOBLA Elisabeth, tous deux des bassa BIKOK, logmaba par mon père et log babem par ma mère et me suis mariée en août 1970, avec ANDELA Assomo Damien, un Beti –Eton de la grande famille Esselle arrondisseemnt d’Obala.
Qui sont les Logmaba ? Qui les a fondé et quels liens directs ou indirects (territoriaux et filiations) avec les autres clans bassa ?
Les LOGMABA sont les descendants de MABAAG , une fille qui est le premier enfant de Yede Well , elle ne s’appelle donc en réalité pas Ngo Maba mais plutôt MABAAG BA YEDE WELL
Elle aura deux fils, ISSOM et KITINSING
Elle s’établit au lieu dit ITAD MBAÎ désigné communément aujourd’hui par le nom de Nkonga Bikaî
Ndjeng descend de la lignée ISSOM qui eu 4 fils parmi lesquels Mang mi Issom , le troisième, qui enfante Bissou bi Mang qui donne naissance à Ngang bisou qui donne naissance à Ndjeng Ngang Bissou
La descendance de MABAA s’est déployée dans trois directions essentiellement, Nkonga, Sokelle et Put.
Ndjeng Ngang va quitter ce dernier lieu quand il cherche à fonder une famille et à la mettre à l’abri des haines , il consulte un voyant qui lui conseille de s’établir en un lieu entouré d’eau, comme une sorte d’île ;il s’établit alors entre les Babem et Bassom, et son village va s’appeler « ‘Bapouma ma Ndjeng » il était très entreprenant et a introduit des cultures nouvelles comme les orangers
Ndjeng Ngang a un fils qu’il appelle NGANG, mon grand père qui a son tour a deux fils Mailli ma Ngang et NdJeng Ngang (mon père)
Les Logmaba ont des liens avec tous les descendants YEDE Wel dont on trouve des familles à Babimbi Ndom , à Bassa ba douala, ils ont également intégré des descendants de familles Likol qui sont les logbatindi en leur sein.
Votre papa feu Ndjeng était Chef de village? Etait-il aussi mbombok comme l’affirme le prof. Titi Nwel ( « A la tête de chaque lignée, il y avait un mbombok ») ? Et quel rapport faites - vous entre Chef et Mbombok ?
Non mon père n’était pas un mbombog en revanche il est d’une descendance ’’NGUE“,
Et quelles sont les raisons directes qui vous ont poussées à créer la Fondation Jean Ndjeng Caritas ?
Vision de la Fondation Jean Ndjeng Caritas : le monde rural au cœur des préoccupations des stratégies de développement en général, la commune de Pouma en particulier prospère, avec une population jouissant de bien être, éduquée, en bonne santé, leader en Sanaga maritime.
Mission de la Fondation Jean Ndjeng Caritas : une association de développement local, qui a pris le nom de Fondation Jean Ndjeng Caritas, en souvenir de l’action sociale de feu M ; Jean Ndjeng, un modeste paysan de la localité, membre fervent du mouvement catholique Caritas, décédé il ya un quart de siècle, s’est assigné comme mission de faire de la mobilisation sociale en faveur du développement des populations rurales de Pouma.
Nos résultats à ce jour:
- une trentaine de leaders paysans formés et actifs sur les aspects concernant la participation à la gouvernnace locale , avec une frte sensibilisation sur le genre
- un centre de formation en milieu paysan pour la pisciculture et l’apiculture
- un programme de volontaires internationaux allemands attirés sur nos conseils par les vestiges de l’histoire du passage des Allemands en sanaga maritime, Pouma en abritant un nombre assez important
- des formations sur les techniques culturales…
Vous êtes connue comme une « icône » de l’éducation nationale. Quelle lecture faites - vous de notre système actuel qui n’encourage pas du tout l’apprentissage de nos langues ? On est tenté de vous demander si c’est des pédagogues camerounais qui concoivent nos programmes ?
C’est une histoire ancienne, ce n’est pas seuelemnt le système actuel qui n’encourage pas l’apprentissage des langues nationales, cela vient de bien loin, mais je comprends plutôt que depuis le temps, on devrait réfléchir autrement aujourd’hui et faire mieux en matière d’apprentissage des langues nationales.
Il ya pas mal de choses qui se font dans ce sens au Cameroun, surtout avec le combat incessant du Pr Maurice Tadadjeu qui a fait toute sa carrière sur cette question et continue à le faire; les résultats sont là: des écoles et pas des moindres comme le Collège Liberman, La Retraite, certaines écoles primaires offrent des enseinements en langue; il ya trois mois, à l’occasion d’un atelier sur la gouvernnace Internet auquel j’ai pris part à Yaoundé, nous avons été abondamment informés sur les expériences menées dans le but de poster sur la Toile des documents en langue nationale.
Il faudrait que plus d’enseignats suivent cet exemple et que plus de famille parlent leur langue à leurs enfants
« La langue est le lieu où est consigné le sens donné à la réalité par un peuple » affirme un de nos chroniqueurs Mr Boniface Pem. Que peuvent nous apporter nos langues et quel peut être l’impact de leur apprentissage pour notre développement ?
Les expériences, en particulier celles conduites par Pr Tadadjeu, montrenr à suffisance que les enfants qui maîtrisent leur langue maternelle sont meilleurs en calcul par exemple , quand c’est enseigné dans cette langue
Les langues apportent le sentiment d’appartenance à une communauté, et donc de communion à des valeurs partagées, on comprend aisément pourquoi l’une des manifestations du refus d’une langue d’emprunt est que les locuteurs cherchent à la modfier, à créer une autre langue, ou un langage qu’il faut réapprendre; cas du pidjin, du franglais,….
Pour parler de la langue bassa. En votre connaissance peut-on l’utiliser totalement dans un système scolaire et littéraire sans emprunt ? Si non qu’est - ce qui nous reste à faire ?
On peut utiliser n’importe quelle langue dans un système scolaire et littéraire sans emprunt, mais il faut savoir ce qu’on appelle emprunt:toutes les langues empruntent, c’est cela même qui fait leur essence, beef ou boeuf, popcorn,s teak… n’en parlons pas de l’évolution de la prononciation, on part de aqua latin et on arrive après plusieurs siècles au mot ’’eau“, voyez le chemin. Il faut aborder ces choses sans passion, l’essentiel étant que les gens continuent de parler une langue et la fixent dans des écrits, ce qui est tout à fait faisable et ce que fait Litenlibassa, vous pouvez être sûr que ce qui est écrit en bassa dans le site est passé à la postérité, mais il faut parler une langue, pour lui garder sa fonction première qui est la communication.
Vous êtes un membre influent de la societé civile camerounaise et présidente du Collectif des ONG pour la Sécurité Alimentaire et le Développement Rural (COSADER). Pourquoi la securité alimentaire ? Et que signifie développement rural pour vous ?
Il ya sécurité alimentaire lorsque tout le monde a accès en tout temps et en tout lieu à une nourriture suffisanrte et en qualité, dans le respect de la culture de chacun. Je n’ai pas besoin de dire que nous en sommes loin au Cameroun hélas, donc il faut beaucoup travailler pour libérer notre pays, nos jeunes, de la faim et de la misère.
La nourriture est produite dans nos villages, dans le monde rural, par les femmes , nous n’en sommes pas encore à l’agrobusiness qui nourrit les populations , et il ne faut pas souhaiter en arriver là, donc réféchir à la question du développement rural est capaital: quelle agriculture? Quel type d’expoitataion agricole? Comment concilier protection de l’environnement et agriculture? Comment conserver la forêt tout en produisant suffisamment de nourriture? Comment développer le tourisme rural pour ouvrir les horizons à la jeunesse rurale par exmeple? C’est à la fois passionnant et immense
Quels conseils pouvez vous donnez aux promotteurs du site Litenlibassa.com ?
Constituer un pool d’experts ’’indigènes’’ qui connaissent bien notre histoire et qui devraient faire des inputs significatifs suivant les rubriques.
La tradition c’est de terminer avec une sagesse en notre langue….. Que dites-vous ?
MBOG MA KWO MA NYEE, MBOG IKWOG MBOG INYODAG
L’equipe de Litenlibassa vous remercie.









Commentaires
Ma suggestion serait de realiser ces interviews sur Videos, de maniere a ceq u;on ne se limite pas seulemet a la lecture , mais aussi au son et a image..
Comme l;a dit mme Andela . La premiere fonction de la langue c'esy la communication....L'Audio-Visual outilde Communication par excellence.
Le probleme chez les Bassaas,il nya pas de tradition.S'il en a ? . Elle n'est repecteé par les basaas.Voilá pourquoi on nous appelle les sans tradition.
Quelle est la voie qu'on laissera a la future génèration des basaas?
mama me nyéga ngandak kii yaga. Nyambe a sayap we.
CQFD
A ma prof, de grand coeur, Merci pour aujourd'hui et plus encore pour hier et avant hier!!!
Concernant l'action des ONG, je suis sceptique quand à l'efficacité de leur action. Il faut une action qui s'attaque aux maux et non à leurs symptômes.
Merci mama Andela de nous rappeler que nous ne devrions pas plier notre langue pour signifier les exigences des culture des autres.
Si les anciens ou alors ceux qui maitrisent nos traditions ne sont pas un soutien à ce projet culturel, nous allons tourner à rond.
Aux initiateurs d'aller vers les ba mbombog.
Toute ma fierté et mon admiration pour tes travaux et ton parcours.
Ta fille Anaba
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